La sensibilité est le meilleur goût que j'ai su trouvé à la vie. Y'avait un homme, là, à 10 mètres de moi. Le visage abimé par la vie, plissé et creusé dans chaque détail de son intensité. Et puis, j'ai surgi. Je n'ai jamais su d'où j'arrivais, ni si j'avais un but dans la vie. Je ne sais pas où je dois aller, si quelqu'un va me guider, ou si je vais finir par me pendre. En tout cas, je suis là et j'y resterai probablement un bon moment. Premier défi : une baston de regards avec une gamine de 4 ans, dans ce train. J'ai perdu. Superbe perspective, le voyage s'annonce long. Cet homme me fixe, s'approche de moi et sort une arme blanche de sa poche, qu'il me met sous le coup. Réflexe, je l'assomme. Je m'étais endormi là, dans ce train. La vie a le gout qu'on lui permet d'avoir. J'y ai beaucoup réfléchis, et je pense avoir des goûts de chiotte. Comme c'est drôle, il fait si froid dehors. Et personne ne m'a entendu. Bientôt 20 ans que je me fais chier parmi vous. Et le temps s'en bat, il continue de tourner comme si rien ne s'était passé. Je m'endors. Mon âme est sale et rien ne m'inquiète. Elle a pris un petit bout de toi, et de moi. Elle a pris mon sang, qui a coulé sur les longueurs de ses jambes et dans les creux de ses mains ; puis elle a pris ta flemme, et est donc resté couché sans même penser à s'essuyer un instant. Les réseaux sont de plus en plus larges et je me demande bien quand un jour tout ça va se finir. Il faut atteindre le fond avant de remonter. Je ne sais même pas s'il y a un fond, de là ou je viens et encore pire, là où je vais. Je sais juste et inutilement que je n'ai pas le temps. Mon chat ne m'a jamais dit pourquoi il tenait à moi. Peut-être parce que je lui donne sa bouffe, tout simplement, ou que je ne le bats pas. Son âme est simple et n'a pas besoin de beaucoup de considération pour apprécier quelqu'un. Et puis, je vous emmerde tous. Je resterai sur ma position, puisque j'ai toujours raison. Rien ne changera. Sors de là !
